Le parchemin fantasmagorique
WildwindLe Valeureux Wildwind, près de son fidèle Destrier Blanquette, partait pour la noble Cause du Puit et de son Eau à Puiser.
Il descendit donc dans le Gouffre du Monstre, avec pour seule arme son courage*.
Au fond de lAntre, il y avait, noyée sous 20cm deau, mouvant lentement au gré du courant, aussi lisse quun miroir, regardant le Preux Wildwind de ses yeux absents,
une pierre .
Sieur Wildwind, Duc de Puicassé, la souleva avec mille précautions.
Un éclair de lumière jaillit du trou sous la pierre, et leau sen écarta pour se plaquer sur les bords de lAbîme, alors que dans le ciel devenu noir le tonnerre grondait comme une batterie complète dévalant un escalier.
Le Noble Wildwind passa la main dans la cavité inondée de lumière-venant-de-nulle-part, et saisit quelque chose
Un parchemin.
Oui, un parchemin. Un vieux parchemin, un parchemin que le temps navait pas épargné, un parchemin parcheminé, un parchemin rongé par les tritons
Wildwind le Magnifique ouvrit le parchemin dune main tremblante démotion (enfin, des deux). Voici ce quil lit :
« Voyci le parchemyn sacré des Moynes du Temple de Neldëneldor°, gardyens des tradytyons et des prédyctyons, dont lordre sera dyssout mylle ans avant votre eyre.
Ce parchemyn fayt une prédyctyon tous les octantes années, et dysparayt ensuyte. »
En-dessous, il ny avait rien
Si, il y avait quelque chose
Des lettres de feu se formaient, et le Vaillant Wildwind vit :
« Faytes attentyon, vous allez avoyr mal à votre honorable tête
ça sera très douloureux mays très bref. »
Le parchemin se transforma en flammes, puis en cendres, et leau se remit à obéir à la loi de la gravyté, pardon, de la gravité.
Le Beau Wildwind leva la tête : « oh, zut
»
Le toit du puit, ébranlé par la foudre foudroyante, seffondra avec fracas sur lui.
* Pff, comme sil en avait
°NdT : pour les non-fans de Tolkien : le temple des trois hêtres