Gazette
Pas de personnage Demether
Tour : '15'
Morts
8
Dépouilles
3
Pixelicides
1
Tour : '15'
Si vous rencontrez Demether, vous:
touchez: un corps frêle
sentez: un corps en début de décomposition
entendez: une voix posée et profonde
goutez: de la nourriture pourrie
voyez: yeux: noirs
cheveux: longs et noirs
peau: sèche et pâle
taille: moyen-grand
corpulence: moyenne
vêtements: une toge



Une nuit orageuse.
Une brume épaisse.
La pluie inonde le versant de la colline boisée.
Une silhouette court sur le chemin boueux, protégeant sa tête avec sa capuche et ce qu’elle tient entre les bras de son mieux. Elle pleure, difficilement. On reconnaît les longs cheveux noirs d’une femme sortant de la capuche. A chaque mètre qu’elle parcourt elle manque de trébucher mais sa volonté ne lui permet pas.
Elle arrive enfin devant une grande porte en bois, petite comparée aux grandes murailles qui l’entourent.

« Ouvrez ! Ouvrez ! je vous en supplie » crie-t-elle en tappant du poing la porte avec ses dernières forces.

Le bruit est sourd et résonne.

Un homme encapuchonné ouvre un judas sur les yeux de la femme à bout de nerfs.
Les sens en éveil, elle comprend de suite et lui montre ce qu’elle protégeait : un enfant, enveloppé dans un fin drap de soie. Il est pâle. Malgré tout le bruit, il ne pleure pas. Il ne dort pas. Et regarde comme sa mère l’homme qui les fixe.

Le judas se referme.
Un bruit sourd de métal vint rompre le silence interminable pour la femme.
La porte s’ouvre avec grincements.
L’homme est en robe de bure, et fait maintenant face à la mère.
Sans mot, sachant que c’est un mince mais dernier espoir, elle tend les bras vers le moine qui prend l’enfant doucement.
Quelques secondes s’écoulent durant cet instant ou cette mère abandonne son enfant à des ermites.
Mais elle sourit. Ses dents blanches se reflètent dans la pupille de l’homme qui prend soin du petit être. C’est une vampire. L’homme n’a pas l’air effrayé et au meme moment l’enfant semble rendre le sourire à sa mère, les premières canines contrastant avec la noirceur de ses yeux.

La pluie ne fait maintenant plus rien à la mère.
Elle se tient là, à profiter des derniers instants en compagnie de son dernier être cher.
Ses yeux scintillent. Elle a fait son devoir.
Elle tend sa main pour le toucher une dernière fois, mais la retient à quelques centimètres.
Si elle continuait comme ça, elle ne s’en séparerait pas.

Le moine semble comprendre et commence à faire demi-tour, avec un hochement de tête en guise d’au revoir.
La porte se referme avec le même bruit sourd. Puis plus rien.

La vampire reste dehors un moment, puis se ressaisit lorsqu’elle entendit un loup hurler au loin. Elle court maintenant, et s’enfonce pour de bon dans les ténèbres de la forêt.

Le moine, lui, se presse d’amener l’enfant dans la salle commune, là où il trouvera lumière, chaleur et compagnie. Il ne doit parcourir que quelques mètres et pour cela ils passent devant le potager couvert par une serre improvisée, où les légumes se mettent à pourrir soudainement. Le moine se fige devant ce terrible spectacle et regarde l’enfant : il pleure à présent.

« Demether. Ainsi fais-tu comme une ancienne déesse de la fertilité…Ainsi tu te nommeras. »




L’enfant grandit et apprend jour après jour, au milieu de cette immense bibliothèque où des copistes s’attardent sur chaque page. Ils sont tous humains, sauf lui. Cependant, son intégration fut très facile grâce à son age. Seule restriction : ne plus s’approcher du potager.
Demether passe son temps à lire grimoires, livre et parchemins de toute sorte. Le doyen lui avait tôt dit qu’il vivrait plus longtemps que lui, et qu’il devait embrasser le savoir avec cette chance.
Son vampirisme n’a jamais été un handicap, de par le fait que la foret couvre presque entièrement la « grande bibliothèque ». De plus, lors de la chasse, on vidait les corps pour donner le maximum de sang à Demether.
Il n’a jamais manqué de rien.
Si.
Peut-être sa famille.

A la surprise des plus anciens copistes, Demether n’a jamais exprimé quelconque souhait d’en connaître un peu plus sur ses parents. On lui avait raconté la vérité, son histoire jusqu’ici.
Que pouvait-il demander de plus ?

Les années passaient et les moines mourraient, certes vieux, mais trop tôt pour le jeune vampire. Ce fut le début d’une profonde réflexion.. Lui, qui devait jouir d’une quasi-éternité, ne ressentais rien. Pas de tristesse, ni de remords. Dénoué de tout sentiment, malgré toutes ces années passées en compagnie d’humains. Pourtant tout le monde l’acceptait et cela se voyait malgré le silence quotidien des lieux.

Son « orphelinat », son « école ».
Il devait quitter tout cela.

C’est après 2 siècles qu’il décida de partir. La raison ?
Un simple bouquin inachevé sur l’histoire d’un désert nommé Adept.
Le livre recelait de détail jusqu’à une certaine époque, puis après, un trou béant. Des pages vides se succédant les unes après les autres.
Cela n’avait pas de sens.

Sans en parler à ses frères, il fit ses affaires ô peu nombreuses sous le regard de ses compagnons de prière. Beaucoup d’entre eux étaient partis pour une quête personnelle. Demether était juste un de plus. Rien d’autre.
Comme sa mère il partit vers ce chemin pour s’enfoncer dans les bois…et ne jamais revenir.



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